La rencontre avec Camille Saint-Saëns eut lieu en 1918. Pierre Aguétant rêvait de cet instant depuis longtemps et il provoquât la rencontre en écrivant au musicien :

        « … Or, à peine avais-je commis deux ou trois volumes de vers, qu’en moi s’installait l’idée fixe, lancinante, de voir quelques-unes de mes lignes inégales mises en musique par l’illustre compositeur… »  
La réponse de Camille Saint-Saëns :

        « si je vous écris tout cela, c’est qu’à travers le luxe de votre orchestration, je devine une nature des plus intéressantes et qui vaut mieux que la banalité des compliments. Si mon admiration et ma grande sympathie peuvent vous suffire, je vous les offre en toute sincérité. » Cannes le 14 avril 1918.  
        Leur amitié réciproque se reflète dans la correspondance échangée pendant quatre années jusqu’au décès du musicien à ALGER en 1921. Dans cette correspondance Saint-Saëns montre de lui ce qui ne paraissait pas ou peu en public. 
        C’est en 1938 que paraitra « Saint-Saëns par lui-même, documents inédits ».  
Pour Pierre Aguétant c’est je crois le dernier livre à paraître de son vivant. 

manuscrit et tapuscrits de Pierre Aguétant 

« Saint-Saëns, qui admirait le talent de Pierre Aguétant, et l’aima comme un père son fils, avait déjà mis en musique deux de ses poèmes « L’angélus » et « Où nous avons aimé » ; c’est lui qui écrivit la préface de « A fleur de chair » sous la forme d’une lettre à son auteur. Cette lettre débute par ces mots : «il m’a semblé ouvrir un écrin de pierreries ». …. Elle se termine ainsi : … «je suis, hélas, d’une autre espèce. Mais aussi, quand je vous dis que vous faites des vers admirables, vous pouvez me croire. Soyez assuré que je ne le dis pas à tout le monde ».  
« Pierre Aguétant » signé Louis Mallez parut dans « Visages de l’Ain » - numéro 13 – 1951 

 
Angélus  
Poème de Pierre Aguétant / Musique de Camille Saint-Saëns 
   
1918 - Camille Saint-Saëns écrit à Pierre Aguétant : « …je crois bien que je ferai l’Angélus ; mais je n’en suis pas encore sûr. Le plaisir de voir mon nom à côté du vôtre ne peut aller jusqu’à vous entraîner dans une catastrophe. Saint-Saëns » …  

« Le crime est consommé.  
L’Angélus est ma victime.  
C’est vous qui l’avez voulu !  
Saint-Saëns »  

2016 - Sous la direction de Markus Poschner, l’Orchestra Della Svizzera Italiana enregistre 19 des 25 mélodies orchestrales de Camille Saint-Saëns. Une première mondiale qui permet de découvrir l’amoureux de la poésie qu’était 'le maître' Parution de 'Saint-Saëns Mélodies avec orchestre' - Le premier titre de ce programme est 'Angélus' de Pierre Aguétant. (Le poème du Bugey) 
Vous pouvez écouter le titre magnifiquement interprété par Yann Beuron ténor : 
https://www.youtube.com/watch?v=d_mev7PzVtw 

Les clochers, souverains du soir, 

Sous leur protection rassurante, rassemblent 
Le troupeau des toits noirs qui tremblent 
Sous quelque vague désespoir 
Et, prosternés à l’horizon 
Ainsi qu’une foule en prière, 
Semblent, en adoration,  
Dispenser l’ombre et le mystère… 
Leur voix pure soudain s’élève 
Majestueuse, à l’infini… 
L’angélus réjouit de rêve 
L’âme naïve de la nuit… 
Courbant pieusement les fronts 
Sous l’oraison toute-puissante, 
Il fait au silence des monts 
Quelque promesse éblouissante… 
Et les pâtres, en entendant 
Glisser son aile dans l’espace, 
Se signent… 
Qui fuit dans le vent ? 
C’est Dieu qui passe…  

Ci-dessous quelques liens vers la presse spécialisée : 
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-... 
… Et en effet, dès les premiers coups de cloches de l'Angélus qui ouvrent le programme, cette qualité de compréhension du texte n’est jamais perturbée par l’écriture orchestrale, véritable écrin sonore construit par l'Orchestra Della Svizzera Italiana sous la direction de Markus Poschner. … 
… Parmi les vingt-cinq mélodies avec orchestre inscrites à son catalogue, dix-neuf sont aujourd’hui présentées au disque : l’amplitude temporelle de leur composition témoigne à elle seule de l’engagement du compositeur, puisque soixante-dix années séparent L’Enlèvement de Papillons (Renée de Léché) et d’Angélus (Pierre Aguétant), toutes deux composées en 1918, et enfin d’Aimons-nous (Théodore de Banville) en 1919. (Chandos.net) 
…C’est oublier, radicalement, que Saint-Saëns orchestra une vingtaine de ses propres mélodies .

Dix-neuf d’entre elles sont ici données en première discographique ! Oui ! Du Saint-Saëns ! Et du meilleur, qui plus est. Le compositeur se dévoile comme un très, très fin orchestrateur, … Écoutez seulement Angélus – un sommet d’invention orchestrale – ou Les Fées, Désir d’amour [...] 
(Diapason, mars 2017 / François Laurent) 

 

Léon Frings, Alfred Wild et Marcelle Soulage mirent en musique plusieurs de ses poèmes.  
Nadia Boulanger, Julien Tiersot entretinrent une correspondance régulière avec le poète.

Jules Massenet lui écrivit son admiration.